Le cheminement pendant le cancer s’apparente au processus du deuil.
Parce qu’on a un deuil à faire. Enfin, des tas de deuils.
Parfois c’est dur. Mais la lumière est au bout.

Je l’ai lu et vu tellement souvent. « C’est pas juste, ce qui m’arrive/ce qui t’arrive« . Et je ne manque jamais d’interroger : Si ce n’est pas juste que tu aies un cancer, qui mériterait de l’avoir à ta place ? Est-ce qu’être née dans un pays développé n’est pas égalementContinuer à lire

Avoir la tête nue et rasée, ça fait froid. Et en chimio, on est priée de ne pas tomber malade. Une solution ? Les petits bonnets ou turbans tout fait que tu vois un peu partout.

Ma solution à moi ? Le headwraping, cette technique d’enturbannage qui vient des femmes nigérianes ou sénégalaises, parfaitement adaptée à nos crânes chauves.

Se raser la tête n’a pas besoin d’être une étape triste. C’est souvent un pas de plus vers la guérison, et aussi, une certaine forme de détachement, d’acceptation.
On a beaucoup ri ce jour là, en fait

Quand mon grand psoas (autant en profiter pour réviser l’anatomie) se prend de spasmes comme s’il dansait sur du hardcore pendant 20 secondes, je ne suis pas une guerrière. Je fuis. Je fuis la douleur, je fuis le combat, je suis ok pour rendre les armes.

La chimio, c’est le gros morceaux, l’épreuve redoutée. C’est LE traitement emblématique du cancer.
J’ai commencé la mienne il y a 2 jours

Si jamais quelqu’un te dit que les expandeurs, ça ne fait pas mal, que c’est surtout gênant, ne le croit pas. Même si c’est moi qui t’ait dit ça, parce que, manifestement, je n’y connaissait rien.

Comme une prison à l’intérieur d’une prison.
Je ne peux plus garder éloignée l’idée de ma mortalité, je ne peux plus refuser de regarder l’idée que je vais mourir, peut-être, beaucoup plus tôt que je m’y attendais, beaucoup plus tôt que je l’avais prévu.

Comment surmonter les murs qui parfois se dressent devant nous, ces murs si hauts et si larges qu’on se sent battu d’avance ?

J’ai beaucoup hésité avant de publier mon musée des horreurs – ou plutôt la lente réappropriation de mon corps.
Ca n’est pas joli, ça peut même choquer – mais c’est la réalité, autant la regarder en face.