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  1. Lulu 44
    février 2, 2021 @ 6:44

    Il faut vivre avec et non contre. C’est trop fatigant de toujours batailler contre. Que ce soit pour le cancer ou pour le corona virus. J’ai fini ma chimio il y a un mois et demi ( deuxième ligne de chimio nécessaire après analyse de l’exérèse chirurgicale permettant de vérifier que la première ligne de chimio, néo adjuvante, n’avait pas reçu de réponse complète de la tumeur). Donc je ne suis pas prioritaire pour la vaccination contre le corona virus de toute façon, car je ne suis plus sous chimio, même si mes défenses immunitaires sont encore inférieures à la norme, ce qui n’a rien d’étonnant après sept mois de chimio en tout depuis mars 2020.

    Alors, on essaie de parler quand même aux gens, la caissière du supermarché, le boulanger, la voisine de palier, pour garder une vie sociale tout en étant aux aguets, afin d’éviter toute promiscuité.

    Dès que je sors de l’appartement: j’entre en apnée: mouchoir en papier imprégné de gel pour appuyer sur le bouton de l’ascenseur, masque dans l’ascenseur. Retour des courses: on passe tous les emballages à l’eau javellisée, plus les bips d’entrée dans l’immeuble et les clefs, plus les poignées de porte externe et interne de l’appartement qu’on a touchées avant d’atteindre la cuisine avec les sacs de courses, plus les interrupteurs, plus les sacs de courses une fois vidés … Il faut s’imposer des rituels.

    J’ai trouvé qu’il y avait une espèce de correspondance, outre la concomitance dans le temps entre mes soins contre le cancer et l’apparition de la pandémie de corona virus, (première chimio cinq jours avant l’annonce du premier confinement) dans la manière d’affronter les deux en même temps. C’est la guerre, qu’on nous disait, contre le virus. C’est la guerre que je me disais en ce qui concerne mon cancer: je vais lui faire lâcher ses pinces et bouffer sa merde à ce putain de crabe. Et puis avec le temps, on nous a dit qu’il allait falloir vivre avec le virus, que le langage guerrier n’était sans doute pas adapté. En même temps: on ne peut pas parler de guérison, mais simplement de rémission en ce qui concerne votre cancer, me dit mon oncologue… Et puis vient le temps des mutations: le virus mute, il a des variants. Je suis atteinte d’une mutation génétique prédisposant au cancer du sein, me dit le généticien. Il y a des coïncidences comme ça.

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